Quand on se lance en freelance (ou quand on veut arrêter de “bricoler” ses prix), une question revient toujours : combien facturer par jour ?
Le taux journalier moyen (TJM) est un indicateur très souvent utilisé pour tarifer, négocier et piloter sa rentabilité.
Le piège : confondre chiffre d’affaires et revenu réellement disponible. Entre la TVA, les charges, les frais pro, les jours non facturés… le TJM doit être calculé avec méthode.
Pour aller vite : estimez votre TJM et votre revenu en 1 minute avec notre simulateur.
TJM : définition simple (et différence HT / TTC)
Le taux journalier moyen (TJM) correspond au tarif facturé pour une journée de travail, le plus souvent hors taxes (HT).
TJM HT : ce que vous facturez “avant TVA”
TJM TTC : ce que paie le client si vous appliquez la TVA
En général le taux applicable est de 20%. Ce taux varie en fonction de votre activité.
TJM, taux horaire (THM) ou forfait : que choisir ?
TJM : idéal pour des missions au temps, régulières, avec un périmètre évolutif
THM : utile si vos clients raisonnent à l’heure (mais attention au “petit” tarif perçu)
Forfait : pertinent si vous vendez un résultat (souvent plus rentable si bien cadré)
En bref : le TJM est votre tarif HT par jour. Pour qu’il soit rentable, il doit couvrir votre revenu cible + vos charges + les jours non facturés.
Formule simple : TJM = (revenu annuel cible + charges annuelles) / jours facturables
Le taux journalier moyen hors taxes, ou TJM, correspond au tarif facturé par un freelance ou un consultant pour une journée de travail sans la TVA. Contrairement au tarif horaire, il s’impose comme une référence dans la plupart des missions longues, notamment dans l’informatique, le conseil ou la formation.
Concrètement, un TJM permet :
- de valoriser vos compétences sur le marché,
- d’établir des devis clairs et transparents,
- de négocier plus facilement vos contrats,
- et surtout, de projeter vos revenus annuels.
Cependant, il faut garder en tête que facturer 500 € de TJM ne signifie pas encaisser 500 € de rémunération nette. Les cotisations sociales, l’impôt et les dépenses d’exploitation réduisent ce montant. C’est pourquoi comprendre le calcul brut en net est crucial pour éviter les mauvaises surprises.
En résumé, le TJM n’est pas qu’un chiffre : c’est un indicateur de pilotage qui impacte directement votre rentabilité et votre sécurité financière.
Pourquoi le taux journalier moyen est stratégique
Un bon TJM sert à :
vous payer correctement (pas “ce qui reste”)
absorber les jours non facturés (prospection, congés, administratif (si vous n’avez pas la chance d’être en portage entrepreneurial)…)
intégrer vos frais (outils, assurances, déplacements, sous-traitance…)
négocier plus sereinement (vous connaissez parfaitement votre plancher)
vous projeter (CA mensuel, objectif annuel, trésorerie)
Comment calculer son TJM (méthode en 4 étapes)
Ici, on vise un TJM rentable et réaliste, pas un chiffre “au doigt mouillé”.
Étape 1 — Fixer un objectif de revenu.
Commencez par un objectif clair :
soit un objectif annuel de revenu,
soit un objectif mensuel, que vous annualisez.
Astuce : raisonner à l’année est plus fiable, car votre activité ne sera pas “linéaire” tous les mois.
Pour vous fixer cet objectif, regardez combien vous dépensez, à titre personnel, sur une période, cela vous permettra de savoir vos revenus minimum.
Étape 2 — Lister les charges.
Incluez ce qui fait réellement tourner votre activité :
logiciels, matériel, téléphone / internet
assurances, sous-traitance
déplacements (ou politique de refacturation)
coworking/bureau si besoin
formations, certifications
etc.
Pour cette exercice, essayer de vous basez sur vos frais réels pour ne pas fausser la simulation.
Étape 3 — Estimer les jours facturables.
Le TJM n’est pas calculé sur 20 jours/mois “théoriques”. Vous ne facturez pas :
la prospection
l’administratif
le marketing / réseau
la formation
les congés / imprévus
👉 C’est pour ça qu’on raisonne en jours facturables annuels.
| Scénario | Jours facturables/an | Profil type | Ce que ça implique |
|---|---|---|---|
| Prudent | 160 | lancement / activité irrégulière | TJM plus élevé pour compenser |
| Réaliste | 180 | activité stabilisée | bon équilibre rentabilité/charge |
| Ambitieux | 200 | forte demande + process | attention à la fatigue / qualité |
Étape 4 — Appliquer la formule + marge de sécurité
Pour rappel, le calcul du TJM HT = (Objectif annuel + Frais/charges annuels + marge de sécurité) / Jours facturables
Objectif annuel : ce que vous voulez dégager pour vous rémunérer (selon votre modèle)
Marge de sécurité : pour absorber un mois creux, un client qui décale, un imprévu
✅ Ensuite, vous vérifiez le résultat avec une simulation (statut, frais, TVA, déductions…).
Tableau TJM → chiffre d’affaires mensuel
Ce tableau vous donne une lecture immédiate du CA mensuel selon vos jours facturés.
TJM HT 10 jours/mois 15 jours/mois 18 jours/mois 300 € 3 000 € 4 500 € 5 400 € 450 € 4 500 € 6 750 € 8 100 € 600 € 6 000 € 9 000 € 10 800 € 750 € 7 500 € 11 250 € 13 500 € ⚠️ Important : CA ≠ revenu net. Pour estimer le revenu réellement disponible, utilisez un simulateur adapté à votre situation.
Du TJM au revenu réel : ce qui “mange” votre chiffre d’affaires
Votre TJM doit intégrer (directement ou indirectement) :
la TVA (si applicable)
vos frais pro
les charges/obligations liées à votre cadre juridique
les périodes non facturées
l’impôt (selon votre situation)
C’est précisément pour ça qu’un outil de simulation est utile : vous testez plusieurs scénarios (TJM, jours facturés, frais, TVA…) et vous voyez l’impact sur votre rémunération.
Exemples concrets (3 profils)
L’objectif ici : vous montrer la logique, pas de vous enfermer dans un chiffre “magique”.
Exemple 1 — Consultant (objectif mensuel + activité stable)
Objectif : 4 500 € de CA mensuel
Jours facturés : 15 jours/mois
➡️ TJM plancher = 4 500 / 15 = 300 € HT
Ensuite : vous ajustez selon vos frais pro, votre marge de sécurité, votre positionnement… puis vous validez via simulation.
Exemple 2 — Formateur (activité plus “en vagues”)
Objectif : 54 000 € de CA annuel
Jours facturables : 120 jours/an (sessions + périodes creuses)
➡️ TJM = 54 000 / 120 = 450 € HT
Ici, la clé est de raisonner à l’année et de sécuriser les creux.
Exemple 3 — Freelance débutant (ne pas se brader)
Jours facturables prudents : 160/an
Objectif annuel + frais : 48 000 €
➡️ TJM = 48 000 / 160 = 300 € HT
Stratégie : démarrer à un TJM cohérent avec un plan d’augmentation (à 30/60/90 jours) basé sur :
spécialisation
preuves (résultats, portfolio)
packaging des offres
retours clients / recommandations
Disclaimer “indications, à valider selon votre expertise, votre localisation, votre rareté”
Optimiser son TJM : stratégies simples (et efficaces)
Définir un TJM correct n’est qu’une étape : encore faut-il savoir l’optimiser.
Les facteurs qui influencent le TJM :
- Votre expérience et expertise : un consultant confirmé facture logiquement plus cher.
- La rareté de vos compétences : certaines expertises très demandées justifient un TJM élevé.
- La zone géographique : un freelance à Paris peut facturer plus qu’en province.
- Le secteur d’activité : IT, formation, conseil stratégique ou design n’ont pas les mêmes grilles de prix.
Comment augmenter son TJM ?
Un TJM n’est pas figé : il doit évoluer avec vous, vos compétences et vos ambitions.
Augmenter son TJM n’est pas “gonfler un prix”. C’est augmenter la valeur perçue et réduire le risque pour le client.
1) Se spécialiser (et le dire clairement)
Un généraliste compare les prix.
Un spécialiste compare les résultats.
2) Packager l’offre (au lieu de vendre “du temps”)
Proposez 2–3 niveaux :
Essentiel (entrée)
Standard (le plus choisi)
Premium (prioritaire/rapide/plus complet)
3) Encadrer les conditions (pour protéger votre rentabilité)
minimum de jours / engagement
facturation des déplacements (ou frais à part)
conditions d’annulation / report
majoration urgence / délais courts
révision annuelle du tarif
4) Revoir votre TJM régulièrement
Recommandation simple : Réalisez un audit trimestriel (marché + objectifs + charges) et faites un ajustement annuel.
Erreurs à éviter et conseils pratiques pour gérer son TJM au quotidien
Beaucoup de freelances commettent les mêmes erreurs au moment de fixer leur TJM :
- Sous-évaluer ses tarifs par peur de perdre des clients, au risque de compromettre sa rentabilité.
- Oublier les périodes non facturées (vacances, prospection, jours non productifs). Statistiquement si un freelance ne travaille que 3 à 6 mois par an, cela signifie qu’il doit majorer son TJM de 100 % (si 6 mois de mission) à 400 % (si 3 mois de mission).
- Négliger l’impact des cotisations sociales, qui peuvent représenter plus de 40 % du revenu brut.
Conseils pratiques :
- Ajustez votre TJM chaque année en fonction de l’évolution du marché.
- Testez différents scénarios avec un simulateur salaire brut net pour garder une vision claire.
- Anticipez votre trésorerie pour faire face aux périodes creuses.
- Gardez toujours à l’esprit que votre TJM reflète la valeur de votre expertise, pas seulement le temps passé.
Et le portage entrepreneurial dans tout ça ?
En portage entrepreneurial nous parlons peu de TJM. En effet, nos indépendants
Si votre enjeu est de sécuriser votre cadre tout en gardant votre autonomie, le portage entrepreneurial peut vous aider à :
simplifier la gestion (facturation, administratif, etc.)
mieux piloter votre rémunération
professionnaliser votre relation client
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FAQ — Taux journalier moyen (TJM)
Le TJM, c’est HT ou TTC ?
Dans la majorité des cas, on communique un TJM HT. Le TTC dépend ensuite de la TVA applicable.
Combien de jours facturables prévoir par an ?
Souvent entre 160 et 200 jours selon votre rythme, votre métier et votre niveau de prospection. Le plus important : choisir un scénario réaliste et le revoir au fil de l’eau.
Comment passer du TJM au “net” perçu ?
Ça dépend de votre cadre (statut, frais, cotisations, fiscalité…). Le plus fiable est de simuler avec vos paramètres. Nexco Portage Entrepreneurial
Je suis débutant : je baisse mon TJM ?
Vous pouvez avoir un TJM de départ cohérent, mais évitez la spirale “prix bas”. Travaillez plutôt : offre claire + spécialisation + preuves + plan d’augmentation.
TJM ou forfait : qu’est-ce qui est le plus rentable ?
Le forfait peut être plus rentable si votre périmètre est cadré et si vous vendez un résultat. Le TJM est plus simple pour démarrer ou sur périmètre évolutif.
Quand augmenter son TJM ?
Quand votre demande augmente, quand vous apportez plus de valeur, quand vos compétences se raréfient, ou quand vos charges/contraintes évoluent.
Dois-je inclure mes frais de déplacement dans mon TJM ?
Deux options : soit vous les refacturez (souvent plus clair), soit vous les intégrez au TJM (mais attention aux missions longues/loin).
Un TJM élevé fait-il fuir les clients ?
Un TJM flou fait fuir. Un TJM élevé justifié (résultats, méthode, livrables, réduction de risque) se défend très bien.
Le taux journalier moyen est bien plus qu’un simple tarif : c’est un outil de gestion stratégique qui vous permet de piloter vos revenus, d’anticiper vos charges et de négocier sereinement avec vos clients.
En croisant vos calculs avec un simulateur brut net et en maîtrisant le calcul brut en net, vous transformez votre TJM en véritable allié pour sécuriser votre avenir professionnel.
En portage entrepreneurial, nous voyons chaque jour des freelances qui réussissent à se projeter et à se développer grâce à une bonne maîtrise de leur TJM. Fixer le bon tarif, ce n’est pas seulement une question de mathématiques : c’est un acte de confiance en votre expertise et en la valeur que vous apportez à vos clients.


